Il n’aura pas fallu grand-chose aux habitants de cette ville du grand nord pour se lever et faire entendre leur voie. Une simple gifle d’un gendarme à un camionneur lors d’une altercation soulève de vives tensions depuis quelques jours, les tronçons routiers reliant les villes du grand nord aux deux capitales du pays paralysés.
Les tronçons de Ngaoundéré, Garoua-boulai se reliant à Meiganga demeurent inaccessibles, une situation qui pourrait avoir de gros impacts sur l’économie nationale. En effet, la plupart de ces camions transportent des denrées alimentaires qui, conservées sur une longue durée pourraient se détériorer et constituer une énorme perte pour l’économie camerounaise qui peine déjà à se remettre des manifestions post-électorales qui ont eu lieu il y a peu.
A quelques mètres de là, se trouve la localité de lokoti ou la crise a également gagné du terrain, laissant des jeunes armés de machettes se ruer sur la route et former un blocus total. Bus interurbains, voitures personnelles et camions frigorifiques, rien ne passe !
L’ampleur du désastre logistique est telle que l’on ressence 11 000 camions alignés de Meiganga à Garoua-boulai et paralysant un axe vital non seulement pour le pays mais également pour la sous-région. Depuis le début de cette crise, les passagers des bus de transport interurbains bloqué dans ce tourbillon sans fin n’ont pas d’autre choix que de passer des nuits à la belle étoile, une natte étaler à même le sol pour ne pas subir les revers du goudron et des indésirables qui y trainent. Aussi, plus les jours passent, et plus l’on constate indignation et rage contenue dans le regard des populations du grand-nord.
Charone DONGMO
