
Yaoundé, 17 mars 2026 – Le Cameroun vit un véritable tremblement de terre institutionnel. À quelques jours seulement de la fin de la session parlementaire, Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, Lamido de Rey-Bouba remplace Marcel Niat Njifenji à la tête de la chambre haute du Parlement.
Cette information, relayée en cascade par plusieurs médias ce mardi après-midi, provoque une onde de choc massive tant au Cameroun qu’à l’international. Les Camerounais, fatigués depuis des années de réclamer ce changement, n’en reviennent pas. Après des mois de rumeurs persistantes sur l’état de santé du doyen de 91 ans, le renouvellement tant espéré semble enfin arriver… mais la rédaction d’ALL237.COM attend la confirmation officielle des médias d’État (CRTV, Cameroon Tribune, site senat.cm ou communiqué de la Présidence) avant de considérer l’information comme actée.
Aboubakary Abdoulaye : le Lamido puissant qui monte au perchoir
Né le 21 décembre 1961 à Rey-Bouba (région du Nord), Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye est bien plus qu’un sénateur : c’est une figure traditionnelle et politique incontournable. Lamido du puissant Lamidat de Rey-Bouba depuis 2006 (succédant à son père), il incarne l’autorité coutumière du Grand Nord tout en étant un fidèle pilier du RDPC.
Administrateur civil de formation, ancien secrétaire d’État chargé de l’Agriculture, il a également présidé le conseil d’administration de la MAETUR. Nommé sénateur par décret présidentiel depuis le 2e Sénat (2018), il occupe le poste stratégique de 1er vice-président depuis plusieurs années. En l’absence répétée de Marcel Niat Njifenji pour raisons de santé (hospitalisations en Europe en 2024-2025), c’est lui qui a présidé de nombreuses séances plénières, présenté les vœux au Président Paul Biya en janvier 2026 et dirigé la clôture de la session de novembre 2025.
À 64 ans, son profil allie tradition, loyauté et expérience : un choix idéal pour maintenir l’équilibre régional tout en injectant un peu de « sang neuf » dans une institution souvent critiquée pour sa gérontocratie.
Marcel Niat Njifenji : 13 ans au perchoir, une institution à lui seul
Élu président du Sénat dès la création de la chambre en 2013, Marcel Niat Njifenji (originaire de Bangangté, région de l’Ouest) a été réélu 13 fois consécutivement, avec des scores frôlant l’unanimité. À 91 ans, il était le n°2 constitutionnel du pays et symbolisait la stabilité absolue du régime.
Mais les Camerounais étaient épuisés de réclamer son départ. Depuis 2024, les réseaux sociaux et l’opinion publique n’ont cessé de pointer son âge avancé, ses absences prolongées et l’immobilisme de la chambre haute. « Niat doit partir », « Assez de la gérontocratie », « On veut du changement » : ces slogans tournaient en boucle sur Facebook, WhatsApp et X. Aujourd’hui, si la nouvelle se confirme, ce cri du cœur serait enfin entendu.
Une surprise qui secoue le Cameroun et l’international
Au Cameroun, c’est l’effervescence totale. Les commentaires explosent : « Enfin ! On réclamait ça depuis des années », « Biya a entendu le peuple », mais aussi « Simple jeu de chaises musicales ou vrai renouveau ? ». L’opposition suit avec attention, tandis que les militants RDPC parlent d’un « ajustement stratégique » avant les législatives reportées de 2026.
À l’international, l’effet est tout aussi retentissant. Les chancelleries à Yaoundé (France, Chine, États-Unis, Turquie) et les analystes de Jeune Afrique ou RFI y voient un signal fort : Paul Biya, à 93 ans, accélère le renouvellement des institutions pour préparer l’après-2026 (possible réforme constitutionnelle ou transition). Le Lamido de Rey-Bouba, déjà très actif en diplomatie parlementaire, pourrait redynamiser les relations du Sénat avec les partenaires étrangers.
Ce changement, couplé à celui annoncé à l’Assemblée nationale (Théodore Datouo), marque un tournant historique : deux doyens historiques (Cavaye 34 ans + Niat 13 ans) remplacés le même jour. Jamais le Parlement camerounais n’avait vécu un tel séisme en si peu de temps.
Malgré la rapidité avec laquelle l’information circule, aucun communiqué officiel n’a encore été publié par les médias d’État. Le site senat.cm liste toujours Marcel Niat comme président et Aboubakary Abdoulaye comme 1er vice-président. Nous attendons la confirmation formelle (CRTV, décret présidentiel ou installation officielle) pour boucler définitivement cette page d’histoire.
En attendant, une chose est sûre : les Camerounais, fatigués de réclamer ce changement depuis trop longtemps, retiennent leur souffle. Ce 17 mars 2026 pourrait bien rester dans les annales comme le jour où le Sénat a enfin tourné la page.
Sources :
- Jeune Afrique – « Paul Biya remplace Cavayé Yéguié Djibril et Marcel Niat Njifenji à l’Assemblée et au Sénat » (17 mars 2026)
- Lebledparle – « Sénat : Aboubakary Abdoulaye succède à Marcel Niat Djifendi ? » (17 mars 2026)
- Wikipedia – Fiche Aboubakary Abdoulaye (mise à jour 2026)
