La recherche scientifique au Cameroun franchit une nouvelle étape avec les travaux du Dr Gillian Vankwe Ngam. Pharmacienne et chercheuse à l’Université de Dschang, elle a mis au point « Vankwezole », un prototype d’ovule vaginal formulé à base de clou de girofle destiné à traiter la candidose vulvovaginale.
Une réponse à un problème de santé publique mondial
La candidose vulvovaginale – infection principalement causée par le champignon Candida albicans – touche environ trois femmes sur quatre au cours de leur vie.
Face aux limites des traitements conventionnels actuels (résistances croissantes aux antifongiques, récidives fréquentes et échecs thérapeutiques), la chercheuse a fait le choix de valoriser la pharmacopée locale.
Les étapes de la recherche
- Étude comparative : Dans le cadre de sa thèse de Doctorat d’exercice en Pharmacie (soutenue le 18 juillet 2026), intitulée « Comparative In-Vitro Antifungal Evaluation of Five Medicinal Plants Against Candida albicans and Formulation of a Vaginal Ovule from the Most Active Extract for the Treatment of Vaginal Candidiasis », elle a analysé cinq plantes médicinales camerounaises.
- La découverte : Le clou de girofle (Syzygium aromaticum) s’est démarqué en affichant la meilleure activité antifongique contre les souches de Candida albicans.
- La formulation : Après des essais physico-chimiques rigoureux, elle a transformé cet extrait en un prototype d’ovule vaginal nommé « Vankwezole » (en référence à son patronyme).
Ses travaux ont été menés sous l’encadrement scientifique des Professeurs Donatien Gatsing et Guy Sédar Sengor Njateng, avec un jury présidé par le Professeur Michel Noubom.
Un prototype prometteur mais encore en phase de recherche
D’autres étapes indispensables restent nécessaires avant une éventuelle commercialisation :
- Des études approfondies sur la sécurité et la toxicité (in vivo) ;
- Des essais cliniques ;
- L’obtention des homologations auprès des autorités sanitaires compétentes.
Valoriser les savoirs endogènes
Au-delà de l’enjeu médical autour d’une affection souvent tus ou taboue, cette initiative illustre la capacité de la recherche africaine à lier science moderne et ressources naturelles locales. Elle met en lumière l’inventivité de la jeunesse scientifique issue des universités camerounaises.
