À l’approche des fêtes de fin d’année, la disponibilité du poisson sur le marché camerounais suscite des inquiétudes. Accusée de monopole et de proximité avec le pouvoir, l’entreprise Congelcam, liée au sénateur Sylvestre Ngouchinghe, défend son parcours et alerte sur les conséquences potentielles de la réduction de ses quotas d’importation.
Le poisson, aliment incontournable dans de nombreux ménages camerounais, pourrait-il devenir plus rare et plus cher dans les prochaines semaines ? C’est l’une des préoccupations soulevées par Congelcam lors d’un point de presse tenu le jeudi 15 octobre 2026. Au cœur des échanges : des accusations de monopole, des différends fiscaux et portuaires, mais surtout des interrogations sur l’approvisionnement du marché national.
Un parcours entrepreneurial opposé aux accusations
Face aux critiques qui présentent l’entreprise comme une « fabrication du régime », Joseph Flavien Kankeu, responsable de sa communication, a défendu le parcours de son fondateur, le sénateur Sylvestre Ngouchinghe. Selon lui, ce dernier évolue dans le secteur du poisson depuis 1982, bien avant les controverses actuelles.
Cette défense intervient dans un contexte où la place de Congelcam sur le marché de l’importation du poisson suscite des interrogations. La question de la concurrence et de la répartition des quotas demeure ainsi au centre du débat.
Des milliards de FCFA au cœur des différends
Au cours de cette sortie médiatique, l’entreprise a également exposé les difficultés auxquelles elle affirme avoir été confrontée ces dernières années.
Elle fait état de redressements fiscaux cumulés de 11,4 milliards de FCFA entre 2020 et 2024. Elle évoque par ailleurs des pertes estimées à près de 13 milliards de FCFA à la suite de la destruction de 510 conteneurs de poisson au Port autonome de Douala en 2023.
D’après ses représentants, plusieurs procédures judiciaires relatives à ces dossiers restent en attente d’une issue définitive. Ces déclarations remettent sur la table les questions de gouvernance administrative, de traitement fiscal des entreprises et de gestion des marchandises dans l’espace portuaire.
Des quotas réduits, un marché sous pression ?
C’est toutefois la question des volumes autorisés à l’importation qui pourrait avoir les répercussions les plus directes sur les consommateurs.
Congelcam affirme que son quota, initialement fixé à 200 000 tonnes, a été ramené à 100 000 tonnes en 2026, avant l’attribution de 30 000 tonnes supplémentaires. L’entreprise redoute, dans ces conditions, une diminution de la disponibilité du poisson sur le marché à partir de la fin novembre, avec une possible hausse des prix susceptible de se prolonger.
Cette perspective intervient à l’approche des fêtes de fin d’année, période durant laquelle la demande alimentaire peut augmenter. Si les volumes disponibles ne suffisent pas à répondre aux besoins du marché, les ménages pourraient subir une pression supplémentaire sur leur budget.
Il reste néanmoins à déterminer dans quelle mesure cette réduction des quotas affectera effectivement l’offre nationale, en tenant compte des autres importateurs, de la production locale et de l’évolution de la demande.
Au-delà de Congelcam, l’enjeu du pouvoir d’achat
La controverse autour de l’entreprise dépasse désormais la défense d’intérêts commerciaux. Elle soulève des enjeux plus larges : comment garantir une concurrence effective dans l’importation du poisson ? Comment assurer un approvisionnement régulier du marché ? Et comment éviter que les tensions entre opérateurs économiques et administrations ne se répercutent sur les prix payés par les ménages ?
À quelques semaines des fêtes, les consommateurs attendent surtout des réponses concrètes. Car, derrière les quotas, les procédures judiciaires et les milliards évoqués, une préoccupation demeure : le poisson restera-t-il accessible aux familles camerounaises ?
Les prochaines semaines permettront de mesurer les effets réels de cette situation sur la disponibilité du poisson et sur son prix dans les marchés du pays.
