Une étude scientifique publiée en septembre 2026 met en évidence la présence de six métaux lourds dans des échantillons de produits avicoles provenant de trois régions du pays. Les chercheurs appellent à renforcer la surveillance sanitaire, notamment pour mieux protéger les enfants et les adolescents.
Le poulet et les œufs occupent une place importante dans l’alimentation des ménages camerounais. Mais une étude publiée le 1er septembre 2026 dans la revue scientifique Food Safety and Risk soulève des préoccupations concernant la sécurité sanitaire de certains produits issus de l’aviculture locale.
Intitulée Assessment of the health risks associated with the consumption of chicken meat and eggs contaminated with heavy metals in some regions of Cameroon, cette recherche a été menée par des chercheurs de l’Université de Yaoundé I et de l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (IMPM).
Six métaux lourds identifiés dans les échantillons
Les chercheurs ont recherché six éléments dans des échantillons de viande de poulet, de foie et d’œufs : le plomb, le nickel, l’arsenic, le cadmium, le chrome et le mercure.
Les prélèvements provenaient de 12 élevages situés dans les régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest. Au total, 48 poulets de chair et 180 œufs ont été collectés. Les analyses en laboratoire ont ensuite porté sur des échantillons regroupés de muscles, de foies et d’œufs.
Selon les résultats publiés, les six métaux recherchés ont été détectés dans les échantillons d’œufs. Les analyses ont également révélé la présence de certains de ces éléments dans les tissus des poulets, avec des concentrations variables selon le métal et le type de tissu examiné.
Des risques potentiels, particulièrement pour les plus jeunes
L’étude ne se limite pas à identifier les contaminants. Les chercheurs ont également estimé l’exposition alimentaire à partir des résultats d’analyses et des habitudes de consommation recueillies auprès de 900 ménages des trois régions concernées.
Les estimations indiquent une exposition plus élevée chez les enfants et les adolescents que chez les adultes et les personnes âgées. Pour certains groupes étudiés, les indicateurs de risque calculés dépassaient les valeurs de référence retenues par les chercheurs, ce qui soulève des préoccupations sanitaires.
Toutefois, ces résultats ne signifient pas que tous les poulets et tous les œufs commercialisés au Cameroun sont contaminés, ni que chaque consommateur développera nécessairement un problème de santé. L’étude porte sur un nombre limité d’élevages et d’échantillons : des investigations plus larges sont nécessaires pour déterminer l’ampleur réelle du phénomène.
Le renforcement des contrôles en question
La présence de métaux lourds dans des produits alimentaires peut notamment être liée à des contaminations de l’environnement ou des matières premières utilisées dans l’alimentation animale. Cependant, les résultats de cette étude ne permettent pas, à eux seuls, d’établir l’origine précise des substances détectées dans chaque élevage.
Les chercheurs recommandent de renforcer la surveillance des produits avicoles et les mesures de gestion des risques. Des contrôles complémentaires permettraient de mieux identifier les élevages concernés, de vérifier l’étendue de la contamination et d’orienter les mesures de protection des consommateurs.
Pour les autorités sanitaires et les acteurs de la filière avicole, l’enjeu est donc de garantir une meilleure traçabilité des produits et de disposer de données suffisamment représentatives pour éclairer les décisions.
Faut-il arrêter de consommer du poulet et des œufs ?
À ce stade, cette étude ne justifie pas, à elle seule, un appel général à cesser de consommer du poulet ou des œufs. Elle met plutôt en évidence la nécessité d’approfondir les contrôles et de communiquer des informations fiables au public.
La sécurité alimentaire reste une responsabilité partagée entre les producteurs, les autorités de contrôle et les différents acteurs de la chaîne de commercialisation. Des résultats scientifiques de ce type doivent servir à renforcer la prévention et la surveillance, sans provoquer de panique injustifiée.
Source : Keutchatang et collaborateurs, Food Safety and Risk, 1er septembre 2026.
