Les savons de ménage fabriqués au Cameroun connaissent une forte progression sur les marchés extérieurs. En 2025, les exportations ont atteint plus de 74 000 tonnes, pour une valeur de 52,9 milliards de FCFA.
Le secteur camerounais de la savonnerie confirme son potentiel à l’international. Selon les dernières données sur le commerce extérieur du Cameroun, 74 208 tonnes de savons de ménage en morceaux ont été exportées en 2025, contre 56 624 tonnes l’année précédente.
En l’espace d’un an, les volumes exportés ont ainsi augmenté de 17 584 tonnes, soit une progression de 31,1 %.
Une valeur d’exportation en nette hausse
La progression ne concerne pas uniquement les quantités. Elle se reflète également dans la valeur des échanges.
Les exportations de savons de ménage sont passées d’environ 34,3 milliards de FCFA en 2024 à 52,9 milliards de FCFA en 2025. Cela représente une hausse d’environ 18,6 milliards de FCFA en une année.
Cette évolution traduit la montée en puissance des unités locales de transformation et la capacité croissante des produits camerounais à trouver des débouchés au-delà du marché national.
Le Nigeria, un débouché majeur
Le marché nigérian joue un rôle important dans cette dynamique. Le pays voisin constitue depuis plusieurs années une destination privilégiée pour les produits camerounais.
Les données disponibles pour 2023 montrent notamment que les savons de ménage en morceaux représentaient 68 % des exportations camerounaises à destination du Nigeria. Ce chiffre illustre le poids de ce produit dans les échanges commerciaux entre les deux pays.
La proximité géographique du Nigeria et l’importance de son marché offrent ainsi aux fabricants camerounais un débouché particulièrement stratégique.
Une industrie portée par la transformation locale
Cette performance s’inscrit également dans le développement de l’industrie camerounaise de transformation de l’huile de palme. L’installation et le développement de nouvelles unités de raffinage et de savonneries ont progressivement renforcé les capacités industrielles du pays.
Mais la filière doit encore composer avec une difficulté majeure : l’approvisionnement en huile de palme.
La production nationale ne suffit pas toujours à couvrir les besoins des industries locales. Le Cameroun est donc contraint de recourir aux importations afin de garantir l’alimentation des unités de transformation.
En 2023, le gouvernement avait ainsi autorisé l’importation de 200 000 tonnes d’huile de palme, un niveau particulièrement élevé destiné notamment à sécuriser l’approvisionnement des producteurs d’huiles raffinées et de savons.
Un potentiel à renforcer
Avec une valeur d’exportation de 52,9 milliards de FCFA en 2025, le savon apparaît comme l’un des produits issus de la transformation locale qui disposent d’un potentiel important sur les marchés africains.
Le défi pour le Cameroun sera désormais de consolider cette dynamique en renforçant la production locale de matières premières, les capacités industrielles et l’accès des entreprises camerounaises à de nouveaux marchés.
Une progression qui confirme, une fois encore, que la transformation locale peut devenir un véritable levier pour accroître les exportations et donner davantage de valeur aux produits « Made in Cameroon ».
