Kousseri : le règne du carburant frelaté nigérian.
La ville de Kousseri, située dans l’Extrême-Nord Cameroun et confrontée à des routes détériorées ainsi qu’à des inondations répétées, observe une augmentation croissante de la consommation de carburant illicite en provenance du Nigeria voisin.
Kousseri, une cité d’une grande importance stratégique, est le principal point d’entrée du Cameroun en provenance du Tchad et du Nigeria. L’expansion du carburant illicite semble principalement s’expliquer par la proximité avec ces nations sœurs. Devant cette tendance, les stations deviennent de plus en plus rares.
Dans les rues, les citernes de carburant illicite s’accumulent. A travers des petits revendeurs, les motos et divers véhicules font une pause pour en remplir leurs réservoirs, ils déboursent en moyenne 750 FCFA le litre et c’est fait. D’après des sources fiables, 750 FCFA correspond à une réduction de -15% par rapport au tarif officiel de 810 FCFA en station.
Devant cette situation à grande échelle qui échappe aux taxes, on se demande comment expliquer l’essor du carburant nigérian illicite au Cameroun, alors que les entités administratives via la douane camerounaise sont présentes dans cette région du Cameroun ?
D’après des témoignages fiables, les camions de livraison arrivent chaque semaine, souvent en pleine nuit. Au nord de la ville, une large aire d’environ 1000 mètres carrés fait office de dépôt central.
Certains rapportent un passage fréquent par les bureaux des douanes. Il est manifeste que l’activité est notoire, se déroulant en plein jour sous l’observation de ces responsables administratifs et douaniers. Pire encore, « certains résidents prétendent même que les agents en uniforme sont fréquemment vus lors des opérations de ravitaillement », rapportent nos confrères d’Ecomatin.
