
À Douala, une paire de chaussures peut raconter bien plus qu’une histoire de mode. Elle peut aussi raconter celle d’une reconversion, d’un apprentissage autodidacte et d’une volonté de construire localement. C’est le pari de Marthe Nyobe, entrepreneure camerounaise à l’origine de KEMI SHOES, une marque qui évolue dans l’univers de la cordonnerie artisanale.
Titulaire d’un Master 2 en biochimie, Marthe Nyobe n’a pourtant pas choisi de poursuivre un parcours professionnel directement lié à sa formation universitaire. Après ses études et face aux difficultés d’insertion professionnelle, elle s’est tournée vers différentes activités avant de découvrir un domaine qui allait progressivement devenir son métier : la fabrication de chaussures.
De l’apprentissage sur YouTube à la création d’une marque
La particularité de son parcours réside notamment dans la manière dont elle a appris le métier. Sans formation initiale en cordonnerie, Marthe Nyobe commence en 2022 à se former de manière autodidacte, notamment grâce à des vidéos disponibles en ligne. Elle observe, reproduit, expérimente et améliore progressivement ses techniques.
Les premiers essais ne sont pas toujours concluants. Mais l’entrepreneure persévère et transforme progressivement cet apprentissage en véritable activité professionnelle.
C’est dans cette dynamique que naît KEMI SHOES, une marque à travers laquelle elle souhaite associer son identité à son travail et proposer des chaussures fabriquées localement.
Des chaussures pensées et fabriquées localement
Installée à Douala, au quartier PK11, KEMI SHOES propose différents modèles destinés aux femmes, aux hommes et aux enfants. Babouches, sandales, modèles à talons, chaussures pour enfants et créations réalisées sur commande figurent notamment parmi les modèles présentés par la marque.
Le travail commence par la conception du modèle avant de passer par différentes étapes de fabrication : dessin, découpe, assemblage, collage, séchage et finitions. D’autres sources présentent également la marque comme spécialisée dans les chaussures et certains articles de maroquinerie assemblés à la main à Douala.
Cette approche artisanale place ainsi le savoir-faire au centre de l’activité. Chaque paire nécessite plusieurs opérations avant de pouvoir être proposée au client.
Faire du numérique un allié
Pour faire connaître ses créations, Marthe Nyobe s’appuie également sur les réseaux sociaux. Son activité a notamment gagné en visibilité grâce à TikTok, où elle présente ses réalisations et cherche à développer sa clientèle. Une publication consacrée à son parcours en janvier 2026 indiquait que son compte comptait alors plus de 30 000 abonnés.
Cette présence numérique illustre aussi la manière dont les jeunes entrepreneurs camerounais peuvent utiliser les réseaux sociaux comme vitrines pour leurs produits, particulièrement lorsqu’ils disposent encore de moyens limités pour développer leur visibilité.
Au-delà des chaussures, un pari sur le savoir-faire camerounais
L’aventure KEMI SHOES s’inscrit dans un contexte où de nombreux entrepreneurs cherchent à développer des produits conçus et réalisés localement. Pour Marthe Nyobe, la cordonnerie devient ainsi un moyen de créer, d’expérimenter et de construire une activité à partir d’un savoir-faire qu’elle a elle-même appris.
Son parcours rappelle surtout qu’un diplôme ne constitue pas nécessairement l’unique chemin vers l’entrepreneuriat. Entre formation universitaire, apprentissage personnel et pratique quotidienne, elle a choisi de transformer une découverte en métier.
À travers KEMI SHOES, cette entrepreneure de Douala poursuit ainsi le développement d’une marque qui entend trouver sa place dans l’univers de la chaussure artisanale camerounaise.
