
A travers le financement de la BAD, l’État camerounais veut remonter la pente sur l’épineuse question de l’employabilité des jeunes et des femmes, ainsi que la promotion de l’entreprenariat locale dans cette partie du Cameroun qui porte encore les séquelles des crises auxquelles elle fait face.
C’est suite au décret dont le président de la république a signé le 31 juillet dernier, habilitant le ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (MINEPAT), que ledit ministère à contracter un prêt d’un montant de 95 milliards FCFA, auprès de la BAD.
De manière explicite, il s’agit d’un programme qui s’étale sur une durée de 04 ans, et qui met en exergue trois principaux paramètres à savoir : l’appui au développement économique local, l’affermissement des établissements de formation technique et professionnelle et enfin, répondre efficacement aux problèmes des changements climatiques dans cette région.
L’objectif est donc double de manière générale : l’amélioration des conditions de vie de la population d’une part et la préservation de la nature d’autre part.
Il est également judicieux de reconnaitre que ce fond devrait largement contribuer à réconforter l’économie d’une région très vulnérable, et dont le taux de précarité est désormais estimé à 74%. Sur la même balance, s’ajoute une crise sécuritaire et alimentaire en continue.
Dans le même ordre d’idée, l’Institut Nationale de la Statistique (INS), révèle que la région de l’Extrême-Nord abrite un total de 15689 entreprises sur un total de 430011 recensées à l’échelle nationale.
Le constat admet également que l’appareil économique local est largement dominé par des très petites entreprises (13854), suivies des petites entreprises (1287), des moyennes entreprises (114), et en dernière position, les grandes entreprises (7), en pourcentage, le secteur tertiaire demeure dominant avec 85,03% des activités économiques.
En ce qui concerne l’emploi, le constat est similaire, soit 32180 personnes employées dans les entreprises, dont 26257 hommes et seulement 5923 femmes, sur un total de 1,1 millions d’emplois à l’échelle nationale.
Au vue de toutes ces réalités, l’on se rend compte que l’investissement dans l’Extrême-Nord camerounais est une urgence, les bailleurs de fonds et autres décideurs ont clairement du pain sur la planche.
