
À 48 heures du rassemblement des Lions Indomptables, le Cameroun attend toujours une liste. Oui, une simple liste. Pas un remaniement ministériel, pas un décret présidentiel, juste les noms des joueurs censés défendre les couleurs nationales lors des barrages pour la Coupe du monde 2026. Mais apparemment, publier une liste est devenu un sport à part entière — et le Cameroun est déjà champion dans la catégorie “attente prolongée”.
Une liste bien gardée (trop gardée)
Selon nos informations, Marc Brys a bel et bien transmis sa liste à la FECAFOOT en début de semaine. Mission accomplie pour le coach belge. Sauf que… la fédération, elle, refuse catégoriquement de la publier. Motif officiel : « question de protocole ». En clair, la FECAFOOT veut que l’annonce se fasse depuis son siège à Yaoundé, avec caméras, drapeaux, micros et tout le cérémonial habituel.
« La FECAFOOT souhaite une annonce formelle et médiatisée depuis son siège, impliquant la présence physique du sélectionneur », confie une source interne.
Le problème ? Marc Brys, lui, est déjà tourné vers le terrain. Et son terrain, ce n’est pas le boulevard du 20 mai, mais le Maroc — lieu du rassemblement et des matchs de barrages. Pour lui, pas question de faire un détour protocolaire juste pour serrer des mains et poser devant le logo de la FECAFOOT. Il a même proposé une conférence en ligne via Zoom ou Meet. Une idée moderne, simple, efficace… mais manifestement trop futuriste pour certains bureaux climatisés.
Quand le protocole affronte le chronomètre
Pendant que les autres nations peaufinent leurs automatismes, le Cameroun, lui, se débat entre formalisme et efficacité. La RDC, adversaire du 13 novembre au stade El Barid de Rabat, a déjà publié sa liste. Les Léopards connaissent leurs rôles, leurs postes, leurs heures de vol. Bref, tout roule côté congolais.
Chez nous, en revanche, on a encore du mal à sortir du tunnel administratif. Et à ce rythme, certains joueurs risquent d’apprendre leur convocation depuis… les réseaux sociaux des adversaires.
Le terrain attend, le public s’impatiente
Les supporters camerounais, eux, oscillent entre curiosité, exaspération et humour noir. Dans les groupes WhatsApp de fans, les blagues fusent :
“Peut-être que la liste est en transit dans les mails du ministère”
“Ou alors elle a été envoyée par la poste, version express camerounaise — arrivée prévue après le match retour.”
Mais derrière les sourires, l’inquiétude est réelle. À deux jours du regroupement, aucune communication officielle. Le flou grandit, et avec lui, les rumeurs. Certains imaginent que Brys cache une “liste surprise”, d’autres pensent qu’il s’agit d’un simple bras de fer institutionnel. Une chose est sûre : l’équipe nationale mérite mieux qu’une telenovela administrative à deux jours d’un match capital.
Le match avant le match
Ce qui devait être une simple formalité de communication est en train de devenir un véritable bras de fer symbolique entre le sélectionneur et la fédération. Derrière cette “non-publication” se cache un débat plus profond : qui a le dernier mot dans la maison Lions Indomptables ?
Marc Brys revendique la responsabilité technique. La FECAFOOT, elle, insiste sur l’autorité institutionnelle. Résultat : le public, lui, reste dans le noir — pendant que le chrono continue de tourner.
À moins de deux jours du rassemblement, la sélection camerounaise est donc toujours sans visage officiel. Le temps presse, les supporters s’impatientent, et les observateurs du football africain observent ce feuilleton à la camerounaise, mélange de tension, d’humour involontaire et de bureaucratie assumée.
Le Cameroun affrontera la RDC le 13 novembre à Rabat. Mais pour l’instant, la seule bataille qui fait rage se joue entre un mail non publié et un micro resté muet à Yaoundé.
Et si les Lions Indomptables aiment rugir, il serait peut-être temps qu’ils rugissent sur le terrain — pas dans les bureaux.
