S.E PAUL BIYA
Dans un décret signé ce 18 août 2025, le président de la république Paul Biya donne son feu vert à travers le ministre des finances Louis Paul Motaze, pour un emprunt de 930 milliards de FCFA. L’État camerounais via cet endettement vise à couvrir ses besoins de financement. Ces fonds seront mobilisés par émission obligatoire, prêt bancaire locaux et ressource extérieur.
C’est bien le ministre des finances qui sera habilité à recouvrir a de nouveaux emprunts intérieur et extérieur pour un montant total de 930 milliards de FCFA.
De manière explicite, le montant est reparti en trois volets : d’abord, 350 milliards de FCFA a mobilisé sur un marché intérieur à travers l’émission d’obligation du trésor et d’obligation du trésor assimilable. Ensuite, 250 milliards de FCFA sous forme de prêt direct auprès d’organisme privés locaux. Et enfin 330 milliards de FCFA à lever sur les marchés bancaires extérieurs.
Ce prêt justifie la hausse des besoins de financement de l’État qui s’élève à 2 326,5 milliards de FCFA à l’exercice 2025, soit une progression de 30% par rapport aux prévisions initiales.
Il est vrai que le décret ne précise nullement les projets en lignes de mire, mais une chose est évidente, la dette intérieure constitue l’un des enjeux majeurs. D’ailleurs les chiffres s’expriment : à la fin 2025, les restes à payer sont évalués à 485,4 milliards de FCFA, soit un recul de près de 20% sur un an à en croire la caisse autonome d’amortissement.
Pour le dire simplement, l’État camerounais recourt à de nouveaux emprunts pour rembourser d’anciennes dettes. Une démarche qui n’est pas sans risque, puisque malgré le soulagement immédiat quelle peut offrir, la charge de la dette sans un réel impact sur la productivité de l’économie, risque d’être un véritable désastre. Les investissements doivent se faire dans les infrastructures et industries structurantes et prévoir un retour sur investissement avec de la valeur ajoutée.
