
Ils sont les premiers à accueillir les enfants dans les salles de classe, ceux qui expliquent, corrigent, encouragent, orientent et transmettent. À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, le Cameroun a rendu hommage à ces femmes et ces hommes qui consacrent une partie essentielle de leur vie à la formation des générations futures.
Le 5 octobre 2026, le Cameroun s’est joint à la communauté internationale pour célébrer la 32ᵉ édition de la Journée mondiale des enseignants. À Yaoundé, la cérémonie officielle s’est tenue au Complexe sportif polyvalent, en présence du ministre de l’Éducation de base, Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa, de la ministre des Enseignements secondaires, Dr Nalova Lyonga, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, responsables administratifs et acteurs du secteur éducatif.
Cette célébration n’était toutefois que l’aboutissement d’une semaine consacrée aux enseignants. Tables rondes, activités sanitaires, sociales et culturelles ont précédé la cérémonie officielle, offrant plusieurs espaces de réflexion autour de la profession enseignante et de son évolution.
« SOUTENIR LES ENSEIGNANTS » : UN THÈME QUI INTERPELLE
Cette 32ᵉ édition s’est déroulée autour du thème : « Soutenir les enseignants : 60 ans de protection de la profession, de valorisation de son statut et de construction de notre avenir. »
Un thème qui place directement l’enseignant au cœur des discussions sur l’avenir de l’éducation.
Car si l’école évolue, le rôle de celui qui transmet le savoir évolue également. Les enseignants doivent aujourd’hui composer avec de nouveaux outils, les technologies numériques, l’évolution des méthodes pédagogiques, les changements dans les comportements des apprenants et des attentes toujours plus importantes de la société.
Dans son discours, le ministre de l’Éducation de base a salué les efforts « remarquables, inlassables et inconditionnels » des enseignants pour assurer une éducation de qualité. Il a également assuré que le gouvernement n’oubliait pas leur situation, en les présentant comme les véritables « maîtres du tableau ».
DES ENSEIGNANTS RÉCOMPENSÉS POUR LEUR MÉRITE
La célébration du 5 octobre a également été un moment de reconnaissance.
À Yaoundé, 863 enseignants venus des dix régions du Cameroun ont été décorés dans l’Ordre des Palmes académiques. Parmi eux figuraient 600 Chevaliers, 196 Officiers et 67 Commandeurs.
Ces distinctions ne sont pas de simples décorations symboliques. Elles viennent reconnaître des années de travail, d’engagement et de service dans le domaine de l’éducation.
Au niveau du ministère des Enseignements secondaires, les critères d’attribution des Palmes académiques illustrent d’ailleurs l’importance accordée à l’expérience professionnelle. Pour accéder au grade de Chevalier, il faut notamment justifier d’au moins 15 années d’enseignement. Le grade d’Officier suppose notamment d’avoir été Chevalier pendant au moins cinq ans, tandis que le grade de Commandeur exige notamment 25 années d’enseignement et cinq années dans le grade d’Officier.
Pour la session 2026, 1 610 candidatures avaient été enregistrées : 1 027 pour le grade de Chevalier, 223 pour celui d’Officier et 360 pour celui de Commandeur.
Derrière ces chiffres se trouvent donc des milliers d’années cumulées au service de l’éducation.
ENSEIGNER, BIEN PLUS QUE TRANSMETTRE UN COURS
Dans l’imaginaire collectif, l’enseignant est souvent associé au tableau, à la craie, aux cahiers et aux contrôles.
Mais la réalité de son métier va bien au-delà.
Un enseignant ne transmet pas uniquement une formule mathématique, une règle de grammaire, une date historique ou une notion scientifique. Il contribue également à développer chez l’apprenant la discipline, la curiosité, l’esprit critique, la confiance en soi et le sens des responsabilités.
Dans une classe, un enseignant peut être celui qui remarque qu’un élève rencontre des difficultés alors que personne d’autre ne les a encore identifiées. Il peut être celui qui encourage un jeune à poursuivre ses études, qui révèle une vocation ou qui donne à un élève la confiance nécessaire pour croire en ses capacités.
C’est aussi pour cette raison que l’influence d’un enseignant dépasse souvent les murs de la salle de classe.
Un médecin, un ingénieur, un journaliste, un entrepreneur, un avocat ou même un autre enseignant a, à un moment donné de son parcours, rencontré quelqu’un qui lui a transmis les premières connaissances nécessaires pour avancer.
DES ENSEIGNANTS QUI EXERCENT PARTOUT, DANS DES CONTEXTES DIFFÉRENTS
L’hommage rendu le 5 octobre ne s’est pas limité à Yaoundé.
Dans les régions, les communautés éducatives ont également célébré leurs enseignants et récompensé certains d’entre eux.
Dans le Littoral, 96 enseignants ont reçu les Palmes académiques : cinq Commandeurs, 26 Officiers et 65 Chevaliers. La cérémonie a également permis de remettre des médailles d’honneur du Travail à des personnels de l’éducation.
Dans la région de l’Est, 29 enseignants ont été distingués : un Commandeur, trois Officiers et 25 Chevaliers des Palmes académiques. La cérémonie a également été l’occasion de saluer la résilience des enseignants qui travaillent parfois dans des zones confrontées à l’enclavement et à des conditions matérielles difficiles.
Ces célébrations rappellent une réalité importante : l’éducation camerounaise repose sur des enseignants exerçant dans des contextes très différents, des grandes villes aux zones rurales, des établissements les mieux équipés à ceux qui doivent composer quotidiennement avec des ressources limitées.
UNE PROFESSION QUI DOIT AUSSI S’ADAPTER
L’enseignement camerounais est aujourd’hui confronté à de nouveaux défis.
La transformation numérique modifie progressivement les méthodes d’apprentissage. Les élèves ont accès à davantage de contenus, les outils numériques prennent une place croissante et l’intelligence artificielle commence également à interroger les pratiques éducatives.
Dans ce contexte, l’enseignant n’est plus seulement celui qui détient l’information. Il devient davantage un guide, capable d’aider l’apprenant à rechercher, comprendre, vérifier et utiliser correctement l’information.
Cette évolution nécessite une formation continue et une adaptation permanente des pratiques pédagogiques.
Elle pose également une question essentielle : comment permettre aux enseignants de jouer pleinement leur rôle dans une école qui change rapidement ?
La réponse passe notamment par la formation, l’accès aux outils pédagogiques, l’accompagnement professionnel et la valorisation de leur statut.
RECONNAÎTRE LE MÉRITE, MAIS AUSSI REGARDER LES DÉFIS
Les distinctions du 5 octobre constituent un signal positif. Elles montrent que le mérite et l’ancienneté des enseignants peuvent être reconnus publiquement.
Mais une journée consacrée aux enseignants ne peut pas seulement être une journée de cérémonies.
Elle doit aussi être un moment de réflexion sur les réalités quotidiennes de la profession : les conditions de travail, les effectifs dans les salles de classe, l’accès aux ressources pédagogiques, la formation continue, l’intégration des nouvelles technologies et la reconnaissance professionnelle.
La valorisation de l’enseignant ne se limite donc pas à une médaille.
Elle passe aussi par la possibilité de travailler dans de bonnes conditions, de se former, d’être écouté et de disposer des moyens nécessaires pour accomplir sa mission.
À TOUS CEUX QUI ONT CHOISI DE TRANSMETTRE
La Journée mondiale des enseignants est finalement une occasion de regarder au-delà des statistiques et des cérémonies pour penser à ces personnes qui ont marqué nos propres parcours.
Nous avons tous, ou presque, le souvenir d’un enseignant. Celui qui était particulièrement exigeant.Celui qui savait expliquer une notion difficile d’une manière simple. Celui qui nous faisait rire tout en nous apprenant quelque chose. Celui qui nous a réprimandés lorsque nous faisions fausse route. Celui qui a cru en nous alors que nous-mêmes, nous doutions encore.
Ces souvenirs montrent que l’enseignement est aussi une relation humaine.
TRANSMETTRE AUJOURD’HUI POUR CONSTRUIRE DEMAIN
En célébrant ses enseignants, le Cameroun célèbre en réalité une partie de son propre avenir. Car chaque classe représente une génération en construction. Chaque cours peut faire naître une vocation. Chaque encouragement peut changer une trajectoire.
À tous les enseignants du primaire, du secondaire, de l’enseignement technique et professionnel et de l’enseignement supérieur qui continuent chaque jour à transmettre, accompagner et former :
Merci pour les connaissances transmises. Merci pour les vocations éveillées.Merci pour les générations formées.
La reconnaissance peut prendre la forme d’une médaille, mais le plus grand témoignage du travail d’un enseignant reste souvent visible des années plus tard, dans la vie de ceux qu’il a contribué à former.
💬 ET VOUS ?
Quel enseignant a particulièrement marqué votre vie ?
Un professeur qui vous a donné confiance, transmis la passion d’une matière ou encouragé à poursuivre vos rêves ?
