
Ce lundi 5 octobre 2026, les enseignants camerounais soufflent symboliquement leurs 60 bougies aux côtés de leurs collègues du monde entier. Placée cette année sous l’égide du ministère des Enseignements secondaires (MINESEC), cette 32ème édition de la Journée mondiale des enseignants s’articule autour d’un thème fort : « Aux côtés des enseignants : 60 ans de protection de la profession, de promotion de son statut et de construction de notre avenir ». Une mise en avant essentielle et bienvenue pour un corps de métier trop souvent relégué au second plan.
Six décennies au service de la salle de classe
Le thème choisi cette année résonne comme un jalon historique. Il commémore six décennies d’engagements internationaux pour la valorisation de la fonction enseignante, nés de la recommandation historique OIT/UNESCO de 1966.
Au Cameroun, le MINESEC a choisi d’axer cette célébration autour de trois piliers fondamentaux :
- La préservation du statut professionnel.
- La valorisation de l’excellence pédagogique.
- L’orientation des compétences vers la construction de l’avenir de la jeunesse.
Au-delà des programmes scolaires, un enseignant façonne avant tout le destin d’une nation. Pourtant, le contraste est saisissant sur le terrain. Dans un pays où des milliers de salles de classe tournent encore avec des effectifs pléthoriques et où le salaire d’un instituteur peine à couvrir les charges mensuelles, cette journée prend une dimension particulièrement critique. Le quotidien des milliers d’enseignants vacataires, toujours dans l’attente d’une intégration formelle, rappelle l’urgence de la situation.
Une reconnaissance qui doit se traduire en actes
Si la célébration offre une vitrine institutionnelle, les professionnels de la craie attendent désormais des actes concrets. Les revendications restent inchangées et prioritaires :
- Une formation continue de meilleure qualité.
- Une revalorisation salariale effective.
- Des conditions de travail décentes.
Cette journée offre aux autorités une occasion idéale de réaffirmer leurs engagements envers ceux qui portent, à bout de bras, le système éducatif national. Car le constat reste entier : sans enseignants motivés, respectés et reconnus, aucune réforme éducative ne pourra porter ses fruits. Un rappel crucial que la routine administrative a parfois tendance à occulter.
Bonne fête à tous les enseignants du Cameroun. Reste désormais à voir si cette 32ème édition saura dépasser le stade des discours pour inscrire des améliorations durables dans le quotidien des salles de classe.
