
La première pierre du projet CSTAR Refinery a été posée le 17 juillet 2025 à Lolabé, dans la zone industrialo-portuaire de Kribi (Sud-Cameroun). Avec cette raffinerie modulaire de 30 000 barils/jour, le pays amorce une étape clé vers la reconquête de sa souveraineté énergétique, mise à mal depuis l’arrêt de la Sonara.
Le 17 juillet 2025 marque une date clé pour le secteur énergétique camerounais. À Lolabé, dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, les travaux de construction d’une raffinerie modulaire, baptisée CSTAR Refinery, ont été officiellement lancés. D’une capacité annoncée de 30 000 barils par jour, l’infrastructure s’étendra sur 250 hectares, pour un coût global estimé à 115 milliards de FCFA. Porté par la Société nationale des hydrocarbures, ce projet d’envergure vise à renforcer l’autonomie du pays en produits pétroliers.
Ce projet est le fruit d’un partenariat entre la Société nationale des hydrocarbures (SNH), sa filiale Tradex, et le consortium Ariana/RCG. Le chantier est confié à RCG Turnkey Solutions, en collaboration avec Global Process Systems (GPS) et Norinco International. Les travaux, prévus pour durer 18 mois, devraient aboutir à une mise en service de la raffinerie en juin 2028.
Une réponse aux défis énergétiques nationaux
Ce projet intervient dans un contexte marqué par la fermeture prolongée de la Sonara (Société nationale de raffinage), à l’arrêt depuis un incendie en 2019. Le Cameroun, bien qu’il produise environ 72 000 barils de brut par jour, reste dépendant des importations de produits finis pour satisfaire une demande estimée à 1,9 million de tonnes métriques par an.
Face à une capacité de stockage actuelle de 270 000 m³, largement inférieure aux besoins réglementaires estimés à 470 000 m³, CSTAR Refinery prévoit également l’installation d’un terminal de stockage de carburants (essence, gasoil, kérosène, jet A1, HFO), avec une capacité initiale comprise entre 250 000 et 300 000 m³.
Le gouvernement présente cette initiative comme un levier majeur pour réduire de 30 % les importations de carburants, générant ainsi près de 400 milliards FCFA d’économies annuelles. Des recettes d’exportation estimées à 141 milliards de FCFA sont également prévues, notamment grâce à la vente de carburants marins.
Sur le plan social, la raffinerie promet la création de 2 000 emplois directs et 5 000 emplois indirects, tout en favorisant un transfert de compétences vers la main-d’œuvre locale.
Si le projet CSTAR Refinery traduit une volonté forte de restaurer la souveraineté énergétique du pays, sa réussite dépendra de plusieurs facteurs critiques : respect des délais, maîtrise des coûts, sécurisation des financements, mais surtout gouvernance rigoureuse.
À l’occasion du lancement, Nathalie Moudiki, directrice générale de CSTAR, a rappelé que cette initiative s’inscrit « en droite ligne de la vision présidentielle », visant à faire du Cameroun un hub sous-régional d’approvisionnement en produits pétroliers.
Cependant, pour éviter le sort de nombreux projets industriels restés à l’état d’annonce, le gouvernement est appelé à instaurer un cadre institutionnel fort et un suivi stratégique rigoureux.
