L’alerte lancée par un parent d’élève le 22 octobre 2026 met en lumière les dérives d’une discipline aveugle face aux intempéries. Alors que le souvenir du récent saccage du Lycée technique bilingue de Nsam reste vif dans les esprits, c’est désormais la gestion humaine et sécuritaire du Collège Alfred Saker de Douala qui suscite l’indignation.
Des élèves bloqués sous une pluie battante
Ce matin, les rues de Douala ont été submergées par une forte pluie, provoquant d’importants embouteillages et paralysant la circulation urbaine. Conséquence directe : de nombreux élèves sont arrivés devant les grilles du collège protestant de Deïdo aux alentours de 7h50.
Au lieu de faire preuve de flexibilité face à des conditions météorologiques exceptionnelles, la direction de l’établissement a choisi d’appliquer son règlement intérieur de manière stricte, laissant le portail fermé. Des dizaines de mineurs se sont ainsi retrouvés massés sur le trottoir, exposés non seulement au froid et aux intempéries, mais également aux risques majeurs liés à la circulation routière.
La discipline au détriment de l’humanisme et de la sécurité
Le parent d’élève à l’origine du témoignage, relayé sous le pseudonyme de Handy Cool, exprime l’incompréhension générale de la communauté éducative :
« Nous comprenons et soutenons la rigueur et la discipline pour lutter contre les retards. Mais la rigueur ne doit pas se faire au détriment de la sécurité et de la santé de nos enfants dans le cas d’une forte pluie. »
Face à ce type de situation, le bon sens interroge les protocoles administratifs. Pourquoi ne pas accueillir les retardataires dans l’enceinte de l’établissement — sous un préau ou dans la cour — pour relever leurs identités à l’abri, plutôt que de les abandonner sur la voie publique ? Laisser des enfants sur le trottoir dans un environnement urbain dense et par mauvais temps s’avère aussi dangereux qu’inhumain.
Le spectre de Nsam et l’appel à la responsabilité
Cette rigidité administrative inquiète d’autant plus qu’elle intervient dans un climat de tension globale au sein des établissements secondaires camerounais. L’auteur de l’alerte n’hésite pas à faire un parallèle direct avec les événements critiques survenus au Lycée de Nsam, rappelant aux dirigeants du Collège Alfred Saker que l’exaspération et la mise en danger des élèves peuvent rapidement fragiliser l’équilibre d’une communauté scolaire.
Un appel urgent est lancé à la direction de l’établissement, à l’Association des Parents d’Élèves (APE) ainsi qu’au Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC). Il devient impératif de réformer d’urgence les protocoles d’accueil en cas de force majeure ou d’intempéries afin que la sécurité des élèves demeure, en toutes circonstances, la priorité absolue.
