100 ou 200 grammes de douceur et d’efficacité? c’est à votre convenance. Le savon Resco, produit et emballé à Ebolowa au Cameroun a déjà soulagé de nombreux Camerounais et Camerounaises pour leurs problèmes de peau.
Que ce soit l’acné, l’eczéma, les cicatrices, les taches noires ou les vergetures, ce savon de toilette est fait pour vous apporter la solution grâce à son mix d’ingrédients naturels.
Pierre Rodrigue Djina Mballa en est le producteur. Alors qu’il était de passage chez Ayomedia pour concevoir le packaging de son produit, nous l’avons rencontré. Nous partageons tout de suite avec vous dans cette interview, la teneur de son échange avec la Rédaction de All 237 sur son Savon Resco, la production de sa matière et la formation des jeunes par son entreprise.
Savon Resco, à base de bave d’escargot, de curcuma et de beurre de cacao, d’où vous viens l’idée de produire ce savon ?
Déjà « Resco » c’est le « Réseau camerounais des orphelins ». Cela vient d’une idée où nous avons pensé qu’il faut améliorer les conditions de vie des orphelins dans leur milieu naturel. Parce que ça ne sert à rien d’enlever un orphelin, le séparer de son milieu naturel et l’envoyer dans l’orphelinat. Et après 18 ans, l’enfant n’a plus le droit d’être en orphelinat ou dans une pension et on l’abandonne.
Pourtant si cet enfant est encadré dans son milieu naturel, cela va réduire l’exode rural et le pourcentage des enfants de rue va diminuer. C’est pour cela que nous avons pensé aux petits projets pour occuper ces jeunes dans leur milieu naturel.
Nous avons donc pensé premièrement à l’élevage des escargots et deuxièmement à la production des champignons avec les rafles de maïs. Nous avons fait des recherches, étudié l’escargot, la chair même qui est d’abord riche en calcium et autres. Et puis la bave, qui est très importante pour améliorer nos peaux.
Pourquoi ? Parce que nous avons constaté que les peaux africaines sont tellement détériorées à cause de l’utilisation des produits chimiques qui nous viennent d’ailleurs. Et il est temps pour nous, Africains, de trouver les solutions pour résoudre les problèmes de nos peaux.
C’est pour ça que le slogan de notre savon c’est « L’amour de ma peau ». Parce que j’aime tellement ma peau, alors je dois l’entretenir, je dois la garder bio.
Parlez-nous de la constitution de ce savon.
Tout ce qui est à l’intérieur comme ingrédient est naturel. Nous avons la bave d’escargot, le curcuma, le beurre de cacao de chez nous. Le cacao nous vient de la région du Sud. Nous ne faisons pas seulement du savon à la bave d’escargot, il y a aussi des savons à la poudre de la coquille d’escargot.
Nous sommes en train de fabriquer le produit de gommage avec cette poudre aussi. Il est adapté à tout type de peau. Même les enfants l’utilisent.
Nous savons tous que les petites et moyennes entreprises au Cameroun jusqu’ici manquent de financement pour passer à l’échelle industrielle. En dehors de cette difficulté majeure, quelles autres difficultés rencontrez-vous ?
En dehors des difficultés financières, nous avons le problème de la ressource humaine, au niveau même de la fabrication du savon et de la commercialisation. Parce que le fabricant que je suis ne peut pas être en même temps en train de fabriquer et être en même temps sur le terrain en train de vendre.
Il faut la main d’œuvre qualifiée pour améliorer la production, la commercialisation et tout le reste. Et c’est vraiment ça le plus difficile. Et maintenant que cette main d’œuvre sera là, il faudra d’abord se faire de l’argent pour les payer. Ils ne viendront pas travailler gratuitement.
L’entreprise n’est pas encore très forte pour payer. C’est pour ça que nous tendons toujours la main aux hommes de bonne volonté, à ceux-là qui croient en nous, qui peuvent nous donner un coup de main pour que le made in Cameroun soit valorisé et que la jeunesse camerounaise puisse sortir de l’oisiveté. C’est ça notre volonté.
Et puis aussi, nous avons le matériel que nous devons aussi améliorer, parce que les commandes sont en train d’évoluer, de grandir. Il faut le matériel qui va nous permettre de produire le savon en grande quantité et en peu de temps.
Pour le moment, nous faisons tout ça manuellement avec les moules en silicone et autres. Mais si nous avons des machines électriques et même mécaniques qui vont nous permettre de produire le savon en grande quantité et en peu de temps, nous pourrons vraiment répondre à la demande.

Combien de jeunes avez-vous formés jusqu’ici ?
Nous avons formé 300 jeunes en deux ans. Ils sont en train de s’autonomiser au fur et à mesure. Donc sur 300, nous avons 75 au moins qui sont déjà installés à leur propre compte. En cosmétique, comme c’est un métier délicat, pour le moment ils sont encore en train de se faire former.
Nous avons 10 jeunes que nous sommes en train de former. Parce que les mélanges et autres, c’est un peu délicat. Mais par contre, nous les formons beaucoup dans l’élevage des escargots. Ça fait que RESCO ne peut pas manquer de matière première qui est la bave d’escargot et la coquille d’escargot.
Nous avons même des associations aussi. Nous avons un total de 25 personnes déjà qui sont en train d’élever les escargots et c’est nous qui achetons tout.
Est-ce que le savon Resco suit les normes camerounaises en vigueur pour ce type de produit ?
Nous sommes suivis par le ministère des petites et moyennes entreprises. Et il y a un programme qui a été mis sur pied pour emmener les producteurs locaux à respecter les normes et à normaliser leurs produits. Donc, ça a été normalisé par l’appui du projet CAMPAC, c’est-à-dire Cameroun Packaging and Quality. Nous avons été appuyés par ce programme pour normaliser notre savon. Nous sommes aussi suivis par le ministère de la Recherche scientifique.
J’ai des problèmes de peau, comment je fais pour avoir le Savon Resco ?
On le vend à Ebolowa, à Bertoua, à Yaoundé. Dans les 10 régions du Cameroun, nous avons des clients. Et ce savon va même aussi déjà en Europe. Même avant qu’il ne soit emballé comme ça. Nous envoyons en moyenne 250 savons après deux mois à Berlin, en Allemagne. Nous envoyons 100 savons en Belgique après deux mois.
Dans un futur très proche, vous l’aurez aussi dans toutes les boutiques de la station BOCOM sur l’étendue du territoire national.
Quelle est donc l’ambition que vous avez sur votre savon de toilette ?
Mon rêve le plus poignant, c’est que ce savon à l’avenir, garde sa formule de base. C’est-à-dire 100% naturel. Qu’on ne change pas de formule et qu’on garde la même composition, les mêmes dosages pour continuer à satisfaire la clientèle.
Aussi, je voudrais que toute la population africaine utilise notre savon. Notre ambition, c’est que notre savon soit représenté même dans les boutiques du quartier les plus proches du consommateur. C’est ça notre rêve.